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obsalys
01 October 2008 @ 02:32 pm

^^ Trois cours d'aquagym m'ont prouvé une chose : je n'ai aucune coordination jambe bras. Je finis toujours par m'emméler les pinceaux. Enfin, bon, ça viendra, et le prof et sympa donc pas de stress comme il pouvait y en avoir avec Sébastien.
Sinon, aucun rapport, mais je relisais un bout de ce que j'avais écrit récemment sur Menkyl. Un bout du chapitre 1 donc, écrit il y a un ou dexu mois vu que j'ai changé pas mal de détails par rapport à ce que je voulais faire à l'origine. Pas de bétalecture, donc il doit y avoir des fautes, désolée.


Menkyl n'avait jamais porté d'uniforme, avant. A vrai dire, il n'en avait pas le droit.

Il prit une respiration, remettant en place l'écharpe qui ceignait sa poitrine, vérifiant qu'elle laissait bien apparaître les armes de sa famille cousues à l'endroit de son coeur.. L'uniforme était d'un gris fer relativement peu seyant, et qui ne lui donnait pas un teint superbe, mais malgré tout il se trouva de l'allure. Il se regarda dans la glace avec un rare élan de vanité, jugeant qu'il était plus à sa place dans un uniforme que dans les vêtements de cours ; sa musculature avait tendance à le rendre ridicule quand il portait les haut de chausse moulants à la mode en ce moment, ce que certains de ses camarades ne s'étaient pas priés pour faire remarquer. Maintenant, avec le pantalon à coupe droite et les hautes bottes de cavalier, il avait vraiment l'air de ce qu'il était : un guerrier.

On disait deux choses des d'Estémon : Qu'ils naissaient à cheval, et qu'ils étaient faits pour la guerre. Menkyl aimait monter, et restait un bon guerrier parmi ceux de son âge, mais il avait encore beaucoup à apprendre avant d'être vraiment considéré comme ce qu'il était sensé devenir : le seigneur de Niren, protecteur de la famille royale d'Ocen.

Protecteur de Férian...

Férian justement, il ne l'avait pas vu depuis près d'un mois. Le prince avait été envoyé se ressourcer au couvent d'Emery, comme le voulait la coutume avant la fête d'Initiation. Menkyl, bien sur, savait que c'était tout à fait normal, mais cela ne baissait pas pour autant sa frustration. il n'avait pas pu parler à son aimé plus de quelques minutes depuis cette journée trois mois plus tôt où la petite sorcière les avait surpris.

car Férian, depuis leur premier baiser, l'évitait.

Cela n'aurait pas du être aussi douloureux, de le voir fuir son regard et se débrouiller pour ne jamais se retrouver seul avec lui. De le voir rougir de honte dès qu'il parlait. Mais cela lui vrillait le coeur. Il ne savait plus s'il devait s'en vouloir, ou en vouloir à la petite fille. au fond, il savait qu'elle n'était pas responsable, c'était eux qui avaient fait quelque chose qu'ils n'auraient pas du. Et à présent, Férian avait des remords…

Lui ne regrettait pas ce baiser. Il ne le pouvait pas, il avait trop attendu ce moment pour cela. Quoi qu'il arrivait, il ne fuirait pas les conséquences. Il pouvait se permettre de l'assumer. Il serait puissant, quand il serait vraiment considéré comme un adulte. Il respecterait la devise de sa famille, « jusqu’au bout ».

Mais il n'était pas le Prince Héritier. Il n'était pas non plus surveillé par un père dur et exigeant, pour qui seul comptait le prestige d'Ocen. Prestige que Férian ne devait pas entacher...

Menkyl, lui, se fichait de son prestige. sa position n'avait jamais été facile. Les d'Estémon étaient à part des autres familles nobles d'Ocen. Beaucoup considéraient que la place qu'on leur avait donné n'avait pas lieu d'être, ou aurait du revenir à quelqu'un d'autre. Pas à une famille dont les habitudes guerrières criaient : barbares ! Les d'Estémon étaient jalousés pour ce pouvoir, et beaucoup des camarades nobles de Férian avaient essayé de mettre Menkyl à part avant d'abandonner en voyant que le Prince le préférait aux autres. Mais malgré la protection de la famille royale, personne n'avait oublié que les ancêtres de Menkyl avaient appartenu à la noblesse de Mias avant de prêter serment à Ocen. Enfin, noblesse était un bien grand mot pour désigner les haut représentants de leur plus proche voisin ; on les appelaient plutôt chef barbares ici. le roi D'Alandine de Mias était lui-même appelé Roi des barbares quand on était sur qu'aucun d'Alandine n'était dans les parages, bien sur. Les membres de la famille royale de Mias, hommes ou femmes, avaient l'épée facile quand il s'agissait de défendre leur honneur, et ne perdaient que rarement face aux nobles plus calmes des autres pays.

Menkyl lui-même avait la haute taille d'un habitant de Mias, et une musculature peu commune dans un pays en paix depuis près de 150 ans. Les seuls traits qui le différenciaient du type barbare classique étaient ses cheveux blonds dorés qui faisaient autant la renommée de la famille que leur talents à l'épée. Son père, et son grand père avant lui, avaient eu la même carrure.

Mais lui aimait les lettres autant que l’épée. Cela, il le tenait probablement de sa mère.

Menkyl accrocha lui-même sa ceinture, laissant la lourde épée pendre à sa hanche gauche, épée qu‘avait porté ses ancêtres ce même jour, depuis qu‘ils étaient devenus Océniens. Il enfila les gants de cuir blanc, puis vérifia une dernière fois qu’il n’avait rien oublié. Le serviteur le détailla des pieds à la tête, puis approuva d’un court hochement de tête.

Le jeune seigneur était prêt pour la cérémonie. Il avait tenu à être en avance, pour réfléchir un peu avant le grand soir. Il remercia son aide et le congédia d’un geste de la main. Il voulait être seul un peu.

Par la fenêtre il pouvait apercevoir les préparations destinées au peuple dans la cour du palais. La fête d’Initiation était la plus importante fête célébrée dans le Royaume d’Ocen et ceux de ses proches voisins, plus importante même que celle qui célébrait la fin des récoltes, ou la naissance d’Ocen. Elle était un passage obligé pour tout jeune homme dans sa quinzième année : ni Férian ni Menkyl n’étaient épargnés.

Dans une semaine, après la fin de l’Initiation, Menkyl partirai pour servir dans l’armée d’Ocen pendant cinq ans. Etant donné son rang il serait officier, et Férian lui-même apprendrait probablement à diriger les armées Océniennes dans leur ensemble.

Le jour de son vingtième anniversaire, il serait considéré comme adulte, et rejoindrait l’immense château de Niren, la demeure ancestrale des d’Estémon, pour prendre sa place de seigneur. Il resterait là jusqu’à ce que Férian monte sur le trône à la mort de son père, et deviendrait alors son Conseiller.

Son rôle était de se marier et d’avoir des héritiers, qui grandiraient à Niren tandis que lui assumerait sa charge à Ocen.

Son avenir était tout tracé, et depuis longtemps, mais il en était satisfait. Il avait dès l’enfance accepté quels seraient ses devoirs, ses responsabilités, et savait qu‘il devrait se montrer fort pour assurer la prépondérance de sa famille.

Il connaissait ses alliés, ses rivaux, tout en sachant bien que la situation pouvait changer très rapidement : après 150 ans de paix les nobles n’avaient pas grand-chose à faire que de comploter pour se déstabiliser les uns les autres. Il serait leur principale victime s’il ne réussissait pas à se frayer une place tout de suite dans ce monde de requin.

Se distinguer pendant ses cinq ans de service seraient un bon moyens de commencer à consolider ses bases, pour, au fond, rester le plus longtemps aux côtés de Férian. Même si, après une si longue période de paix et de prospérité, seuls les Miasans prenaient encore au sérieux les entraînement imposés. Pour les autres royaumes, le Service était avant tout une tradition, et un moyen de mettre un peu de plomb dans la tête de jeune nobles arrogants pour faire d’eux des seigneurs capables. Et dans beaucoup de cas, on les envoyaient dans d’autres familles plus pour apprendre l’art de gouverner un pays en paix que l’art de la guerre.

Mais cinq ans, c’était long. Pour une fois, Menkyl se dit qu’il aurait aimé être d’un rang inférieur ; seuls les nobles avaient une période si longue. Le peuple ne servait que deux ans. Mais, paradoxalement, le leur était beaucoup plus éprouvant, se rappela-t-il après un soupir. Il ne devait pas être envieux, c’était indigne de son rang et de sa famille, même des vies probablement harassantes de certains des sujets du royaume. Alors que lui, bien que rompu à une certaine discipline physique, n’avait jamais connu que le luxe.

Mais parfois, au détour d’un rêve qui évoquait cet unique baiser, il se disait que si Férian ou lui avaient été de simples paysans, personnes n’aurait trouvé quoi que ce soit à dire sur leur relation. Les privilèges de leur rangs amenaient beaucoup de contraintes…

Cinq ans… cinq ans sans le revoir, et lui ne voulait même pas lui parler. Il savait qu’il était revenu hier soir, mais pas un seul instant il n’avait cherché à s’enquérir de lui.

Menkyl se serait contenté d’un de ses petits sourires timides qu’il faisait parfois quand il était gêné, il n’avait pas besoin d’excuses. Rien qu’un simple sourire, et il aurait été rassuré. Il aurait pu affronter l’Initiation en paix.

Férian n’en avait-il pas conscience, que la prochaine fois qu’ils se reverraient ils seraient probablement des adultes, et qu’on leur en demanderaient tellement plus que maintenant ? C’était le moment où jamais de profiter des ces derniers instants d’innocence avant que leur expérience ne les change, de consolider ce qu’ils avaient déjà pour que ces cinq ans ne soient pas un obstacle….

Pourquoi ne voulait-il pas comprendre ?

 

 

« Quelle allure, mon Prince, approuva la jeune duchesse de Fallié avec un sourire volontairement aguicheur.

«  C’est vrai ? Demanda Férian voulant visiblement se faire rassurer. Il n’avait en effet pas l’air de se sentir bien à son aise dans le même uniforme que Menkyl. Sa petite taille le dérangeait toujours, pensa Menkyl avec tendresse, oubliant malgré lui quelques instants qu’il lui en voulait.

Les jeunes filles tournaient autours du prince comme des abeilles autour du miel, mais Férian ne semblait même pas s’en rendre compte. Il semblait préoccupé. Etait-ce par les cérémonies de l’Initiation ? Ce n’était pourtant que des formalités, exécutées presque à la chaîne par les sorciers du palais. Même l’épreuve symbolique du combat n’était plus qu’une mise en scène, loin des combats à mort qu’elle mimait.

Même les hommes semblait vouloir s’attirer les bonnes grâces du prince. Tous ceux réunis dans cette salle avaient eu quinze ans dans l’année. ils représentaient la fine fleur de la jeunesse aristocratique, tous d’une famille de haut nobles : ducs, comtes. C’était un club très fermé, et ils se connaissaient tous malgré le fait qu’ils n’aient pas encore été officiellement présentés à la cour : il ne le seraient que dans quatre jour, durant le bal qui clôturait la sacro-sainte cérémonie de l’Initiation.

Avant ce jour, ils n’étaient jamais présentés dans les bals officiels. Même les jeunes filles n‘étaient en âge de se marier qu‘après leur Initiation passée. Toutefois, les parents n’attendaient pas pour les fiançailles, et les mariages dans le mois qui suivait la fête étaient nombreux.

Menkyl lui-même n’était pas dans ce cas là ; son père ne lui avait pas choisi de fiancée avant de mourir. Mais il était déjà courtisé depuis un moment par certaines des demoiselles présentes. Il n’avait pas encore de préférence, sachant qu’elle devait accepter son amour pour Férian, mais qu’elle devait aussi être forte, pour pouvoir l’aider à porter un peu du poids que représentait l’honneur de la famille… rares étaient les candidates qui pourraient convenir, hélas.

Et pourtant, il devrait la trouver. Probablement parmi celle qui se trouvait là, et qui tournaient autours de Férian. Comme Marie-Lise, duchesse de Fallié, que Menkyl admirait malgré lui pour sa capacité à mettre à jour le moindre défaut dans la carapace de ses rivales avec un talent presque miraculeux. Menkyl se souvenait de grand moment où elle en avait fait pleurer une, pourtant bien plus belle qu’elle. Elle aurait pu devenir une grande stratège si elle n’était pas née femme.

Mais franchement, parfois, Menkyl louait le ciel qu’elle ne s’intéresse pas à lui. Elle lui faisait peur, à lui qui faisait plus d’une tête et demi et peut être 30 kilos de plus qu‘elle.

Baptista, comtesse de Kirn, lui faisait peur aussi, mais pour une toute autre raison. Elle était en effet sa plus fervente admiratrice. Il admirait sa détermination et son imagination

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